Le co-développement en entreprise pour favoriser la cohésion d’équipe

Par
Mathilde Chevalier
Publié le
17/3/2026
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Le co-développement est une démarche structurée où un groupe de professionnels apprend ensemble en s’entraidant à partir de situations réelles apportées par l’un·e d’entre eux.

La Communication Non Violente (CNV) a pour intention de favoriser le dialogue et la qualité de la relation. Enrichie par cette posture d’écoute et d’expression, la démarche de co-développement offre des résultats concrets et rapides.

En 45 minutes, l’intelligence collective se met au service d’un cas réel, et donc au service de l’équipe.

Un management doux et structuré,

Le co-développement favorise un management à la fois cadrant et coopératif. Il se déroule en 45 minutes autour d’étapes clés : Formulation du blocage individuel -Questionnements collectifs -Propositions structurées du groupe -Plan d’action et clôture. Le manager guide la méthode pour garantir le cadre. Il adopte une posture de facilitateur : ni descendant, ni effacé. Il favorise la coopération tout en assurant la structure. La promesse : un impact immédiat sur une situation réelle du terrain.

Cet espace permet au manager de travailler sur leurs propres cas concrets. Une collaboratrice -l’exposante-demande de l’aide pour mener trois entretiens annuels délicats dans l’après-midi. Elle évoque notamment une intervenante perçue comme procédurière, à la limite de l’insubordination.

Sa demande est clarifiée :«J’aimerais que le groupe m’aide à mener mes entretiens calmement et sereinement cet après-midi. »

Le groupe propose alors, à tour de rôle, des pistes concrètes en utilisant la formulation.« Si j’étais à ta place… » Les décisions gagnent en finesse grâce à la diversité des regards. L’exposante écoute sans intervenir. Un secrétaire note les propositions pour lui permettre de rester concentrée.

Enfin, les compétences de leadership se développent par une pratique directe. Le manageur est facilitateur et soutenant pour le collectif. L’ensemble des collaborateurs écoutent, questionnent, reformulent avec un recul stratégique car libres de la charge émotionnelle. S’ajoutent à cela les éléments clefs de la Communication Non Violente : Les collaborateurs sont en empathie avec l’exposante : Ils se mettent à sa place sans chercher à résoudre pour lui. Leurs intentions sont claires : Conseiller sans convaincre. Et les formulations sont claires, précises et faciles à mettre en œuvre à court termes. Le manageur guide sur la méthode pour favoriser les échanges.

👉Résultat : diversité des solutions, clarté, plus de justesse dans l’action. Une posture de manageur aidante et soutenante.

Réduire les tensions et sécuriser le climat social

Une attention particulière est la répartition de la parole durant le co-développement. Un tour de table où chacun parle à son tour. Cela évite les redites – et donc la perte de temps et d’information. Le rythme est lent, posé et invite à l’écoute. Il limite les interactions dans la réaction. C’est un espace structuré pour réguler la parole sans la censurer.

Les non-dits ou les rancœurs trouvent un cadre d’expression professionnel et sécurisé. Le rythme lent et posé invite à écouter plutôt que surenchérir. C’est précieux lorsqu’on aborde des sujets complexes et conflictuels où on aurait le réflexe de prendre parti, juger et orienter ses réponses. Dans le cas cité, les participants ont surtout proposé de respirer, de rester factuels, de ralentir l’activité sur l’après-midi. Ils ont donc appliqué un des principes clefs de la Communication Non violente qui d’être observateur plutôt qu’évaluateur. Ils ont proposé une posture et des tips pour rester calme plutôt que des arguments contre ou pour. C’est donc collectivement qu’on soutient une posture professionnelle posée.

Le manager traite les situations complexes avec méthode. Il assure le cadre et le respect du temps de la méthode du co-dev. Il facilite les échanges, clarifie et peut également proposer des solutions. Ce que je trouve puissant, c‘est que chacun des participants est au même niveau pour solutionner. Cela favorise le franc parler et la confiance. En tant que facilitatrice, il m’est arrivé d’orienter mes conseils sur l’écoute corporelle des ressentis-étape du langage corporel en Communication Non Violente- : Respirer, faire silence avant de répondre, sonder comment c’est pour soi si je suis stimulée et de prendre ce temps. L’exposante s’est d’ailleurs autorisée à pleurer tant la situation était lourde et pesante. Accepter cette vulnérabilité devant ses collaborateurs est une force puissante.

Enfin, la coopération interservices se renforce par une meilleure compréhension mutuelle. Le cas de cet exposant est évoqué devant ses collaborateurs de services et de géographies différentes. Je suis toujours agréablement surprise d’entendre lors des co-développement : je n’imaginais pas que tu pouvais vivre cela avec une telle intensité. A mon sens, c’est une réussite. Les collaborateurs apprennent à se connaître. Ils s’engagent individuellement et collectivement pour résoudre une difficulté. Ils ressortent avec une meilleure connaissance du quotidien de leurs respectifs.

👉 Résultat : baisse des conflits chroniques, gain de temps et d’énergie.

Le co-développement permet de responsabiliser et de valoriser les talents individuels au service du collectif.

La promesse de pouvoir travailler dans ce cadre a une grande valeur. Cette valeur du "faire ensemble" est perçue rapidement et concrètement. Après un co-dev, l’ambiance est posée et optimiste. On a ouvert le champs des possibles dans l’abondance et la diversité de propositions. Le collectif devient richesse pour les cas individuels.

Les participants se sentent soutenus et reconnus dans leurs enjeux. L’exposant a d’ailleurs remercié ses collaborateurs pour leur soutien. Elle a choisi 3 conseils à appliquer directement lors de son après-midi : Respirer, attendre avant de parler pour éviter la réaction, alléger son planning. Elle s’est sentie apaisée et soulagée d’entendre ce soutien. Elle a dit avoir 60 % de stress en mois en clôture du co-dev.

L’autonomie décisionnelle progresse. Le manager propose ici un cadre qui rend autonome dans la prise de décision car la diversité des propositions laisse la liberté à l’exposant de choisir et décider. Ce type de management participatif à terme mène à une autonomie complète des équipes pour mener un co-dev. Sa présence sera requise pour des sujets vraiment épineux et pour suivre le quotidien de ses collabs.

Le sentiment d’appartenance augmente grâce à l’intelligence collective. On a trouvé ensemble de nombreuses possibilités pour que l’exposant récupère son pouvoir d ‘agir. Suite à cette session, l’exposant rapporte que toute son équipe lui a envoyé un message de soutien.

👉 Résultat : engagement renforcé, coopération et actions opérationnelles appliquées à court terme.

💼 Le mot de la fin

« Sans cette CNV, le jour même je n'aurais pas dû tout réagit comme ça. J'aurais été hyper angoissée. Tout cela c'est grâce à vous toutes,  mes collègues et toi Mathilde. De très bons conseils de toutes qui m'ont donné un regain d'énergie et de confiance et j'en avais bien besoin. »

Témoignage de l’exposant suite à notre pratique

Le co-développement, ce n’est pas une formation supplémentaire. C’est un outil stratégique de performance durable.

  • Il permet de prendre du recul et d’ouvrir de nouvelles pistes d’action grâce à l’intelligence collective. Il permet des décisions de qualité.
  • Il renforce la qualité des relations et la coopération interne, en créant un cadre sécurisant d’écoute et de respect. Les équipes sont engagées.
  • Il favorise des apprentissages concrets et immédiatement transférables, directement reliés aux enjeux du terrain.  Il favorise la maturité managériale pour le manager et à terme pour les équipes.